Référence :209025

Jephté, tragédie.

BOYER (Claude)

Paris, veuve de Jean-Baptiste Coignard, et Jean-Baptiste Coignard fils, 1692, in-4, [7] ff. n. ch. (titre, dédicace au Père de La Chaise, préface, distribution), 50 pp., maroquin vieux rouge, dos à nerfs muet orné de caissons fleurdelisés dorés, encadrement de dent-de-rat, simple filet et guirlande fleurdelisée dorés sur les plats, armes au centre, hachuré doré sur les coupes, tranches dorées, gardes doublées de tabis rose (reliure de l'époque).

"Edition originale de cete tragédie ""spirituelle"" qui prend comme sujet le sacrifice de sa fille par le juge d'Israël Jephté, relatée Jud. X et XI, et susceptible de plusieurs interprétations. L'histoire constitua en tout cas une source féconde d'inspiration pour la littérature et le théâtre. La pièce fut, à sa création, jouée à Saint-Cyr à la demande de madame de Maintenon. On sent en Claude Boyer (1618-1698) l'élève des Jésuites, marqué par leur éducation par la scène à grand renfort de compositions pieuses, mais exigeantes quant à la structure, et ses oeuvres, quoique ignorées de nos jours, ne sont pas à négliger. L'animosité de Racine (concurrent direct pour le style et les sujets de ses pièces), qui parvint à le faire éreinter par Boileau, fit qu'il fut rejeté dès avant sa mort. Cioranescu, XVII, 16 136. Précieux exemplaire aux armes de Marie-Adélaïde de France (Madame Troisième, Madame Adélaïde, 1732-1800), l'une des huit filles de Louis XV,(OHR 2514, modèle non répertorié exactement). Parmi ses soeurs, c'est cette princesse qui possédait la collection la plus importante, spécialement riche en littérature, histoire et religion : les 10 000 volumes qui la formaient furent dispersés aux enchères lors de la Révolution. Cf. Quentin-Bauchart, Les Femmes bibliophiles, II, 125-155. OHR 2514, modèle non répertorié exactement. Très bel exemplaire."

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